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24 avril 2017

Franc-Jardinier à Londres !

Un weekend à Londres m’a contraint à quitter la table de travail où j’écris deux livres qui doivent sortir d’ici à la fin de l’année (Le roman vrai de la franc-maconnerie – les 30 jours qui ont fait la maçonnerie sur les deux rives de la Manche, et Nouvelle histoire des francs-maçons en France – un troisième est déjà terminé et sera publié dans quelques semaines (Histoire illustrée du Rite Ecossais Rectifié) –, une activité intense qui explique d’ailleurs mon silence sur ce blog depuis quelques mois. Il cessera quand tout sera écrit !

Toujours est-il que je me suis rendu à Londres pour être reçu dans la Loge Hanging Gardens of Babylon # 13, appartenant à The Order of Free Gardeners in England.

Me voici donc Franc-Jardinier…

Le lieu n’est pas de retracer ici l’histoire, les sources et les destins contrariés de cet Ordre « paramaçonnique », que l’on croyait disparu et qui, miraculeusement conservé en Australie, a repris force et vigueur en Ecosse il y a quelques années, puis désormais en Angleterre – et qui sait, un jour peut-être, en France…

Je veux simplement saisir cette occasion pour réfléchir un peu sur ces « franc-maçonneries parallèles », les Friendly Societies qui sont souvent cheminé de conserve avec la franc-maçonnerie elle-même mais ont connu un destin différent.

Une myriade de Fraternités

Le phénomène des Friendly Societies a été remarquablement étudié pour les lecteurs français par mon ami Jean-Pierre Bacot dans son livre Les sociétés fraternelles, Dervy, 2007, auquel je renvoie naturellement.

Des Foresters au Druids en passant par les Buffalows et les Odd-Fellows, ces sociétés dont l’heure de gloire a été le XIXe siècle combinaient deux aspects majeurs : une préoccupation fondamentale d’entraide mutuelle et de bienfaisance active et concrète, et une organisation hiérarchique dans un cadre symbolique et rituel, avec des loges, des grades, des décors. Un cocktail improbable aux yeux des Français…

Les Free Gardeners sont un peu à part. En tant que Friendly Society, ils ont fini par disparaitre, victimes du welfare state et des entreprises modernes de solidarité et d’assurance. Mais leur redécouverte imprévue permet de faire surgir une autre dimension oubliée ; une dimension purement symbolique et rituelle, mais aussi morale et spirituelle, en un mot : initiatique.

 

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Tablier de Free gardener

 

C’est ainsi que se présentent les « néo » Free Gardeners qui sont très souvent des francs-maçons – mais pas toujours – et dont le rituel, d’aspect assez archaïque, typiquement britannique dans sa structure, permet une relecture des rituels maçonnique qui ont connu, quant à eux une évolution bien plus complexe.

Il y a quelque chose de rafraichissant chez les Francs-Jardiniers, avec les trois grades d’Apprenti – Adam, Eve et le Paradis terrestre –, de Compagnon – Noé célébrant le Très Haut par la construction d’un Autel après le Déluge – et de Maître Franc-Jardinier – sous l’égide de Salomon dont le Temple fameux est ici présenté sous son aspect « végétal »…

Mais surtout, si les rituels sont plus simples, la place des Instructions (en anglais : Lectures) plus grande que dans la franc-maçonnerie, on est également frappé par la moindre sophistication intellectuelle des discours et des enseignements, au profit d’une dimension profondément humaine, fraternelle, cordiale. Le tout sous l’égide inévitable du Grand Jardinier de l’Univers, ce Dieu de nos Pères, clé de voûte fondamentale de tout édifice initiatique dans cet univers britannique – la source même de la franc-maçonnerie et de tous les Ordres qui se sont développés sur son modèle.

 

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Tablier d'un Digne Vénérable des Francs-Jardiniers

 

On peut prendre cet Ordre des Francs-Jardiniers comme un des très nombreux systèmes de Side Degrees – les Anglais disent « grades latéraux » plutôt que « hauts grades » – qui composent l’essentiel de l’univers maçonnique britannique. Les maçons d’outre-Manche ne considèrent pas que la grade de Maître soit le terme de toute la maçonnerie : c’est au contraire, pour eux, là où tout commence, comme c’était le cas en France au XVIIIe siècle. C’est en explorant d’innombrables grades – plus de 125 sont disponibles en Grande Bretagne – que l’on approfondit la complexité de l’édifice maçonnique. La loge des trois premiers grades en est la base, non le  but et l’achèvement.

 

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Les trois emblèmes des Free Gardeners

 

Les Free Gardeners, une fois encore, ne sont pas maçonniques au sens propre du terme, mais le cousinage est frappant et immense. A commencer par les trois emblèmes fondamentaux que sont le Compas, l’Equerre…et le Couteau à greffer (Pruning Knife) ! Les décors sont familiers pour un franc-maçon et la cérémonie des trois grades de l’Ordre respecte à s’y méprendre la structure de nombre de Side Degrees bien connus en terre anglaise. 

Plus j’étude et pratique la franc-maçonnerie, dans toutes ses expressions, plus je me rends compte que, non seulement, il faut connaitre la maçonnerie britannique pour bien comprendre toute la maçonnerie, mais encore qu’il faut sortir de la maçonnerie britannique pour aller vers les Friendly Societies qui, paradoxalement, conservent une fraicheur native que la franc-maçonnerie institutionnalisée après « trois siècles » a parfois perdu en partie !

Il ne me restait plus qu’à aller assister dimanche matin à un service de l’Église anglicane à Londres, à Grosvenor Chapel, pour la Fête de Saint George –  où nombre d’Anglais, et parmi eux à coup sûr pas mal de francs-maçons, célébraient cet hommage à la fois national, rituel et religieux, sans y voir la moindre rupture, la moindre discontinuité, et naturellement la moindre incompatibilité avec leur vie maçonnique.

En effectuant ce parcours, on se sent bien loin des débats parfois navrants qui émaillent la vie maçonnique française…et plus encore – mais je me garde bien d’en dire un mot ici ! – la société française en général…

 

Et en prime, mon Diplôme !

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29 octobre 2016

Voyager dans ce blog (1)

 

La navigation dans les quelque 130 notes de ce blog n'est pas forcément chose aisée et les outils de recherche sont peu évolués, je dois le reconnaitre.

C'est pourquoi, avec chaque nouvelle note (ci-dessous celle du jour : "En parcourant The Square"), je vous proposerai désormais une navigation thématique, plus ou moins liée à la nouvelle note, qui vous permettra d'aller à des notes parfois déjà anciennes qui pourront vous intéresser.

Je vous en propose donc deux:

 

La maçonnerie pure en ancienne ne consiste qu'en trois grades et trois seulement ? (1) et (2)

 

La maçonnerie anglo-saxonne dans ses œuvres (vidéo australienne)

En parcourant The Square

La lecture du magazine maçonnique bimensuel The Square est un exercice auquel devraient se livrer régulièrement – qu’ils soient « réguliers » ou non ! – les francs-maçons français qui souhaitent mieux comprendre la franc-maçonnerie, sortir du cadre intellectuel de la seule maçonnerie française qu’ils connaissent, toucher des yeux sinon des doigts – si j’ose ainsi m’exprimer – la réalité internationale d’une « Fraternité universelle », comme ils se plaisent souvent à le répéter d’un air grave mais qui, pour l’immense majorité d’entre eux, se réduit à leurs tenues bimensuelles, à de rares visites dans d’autres loges de leur Obédience le plus souvent, voire à la participation à un « Congrès régional » ou même au « Convent » – deux types d’événements qui ne nous apprennent jamais grand-chose d’intéressant sur la maçonnerie…

Pour ma part, je lis attentivement The Square – qui s’intitulait jadis Masonic Square – depuis plus de trente ans, et j’y ai appris beaucoup de choses intéressantes ou curieuses. D’une part en tant que maçon français qui peut relativiser son savoir et sa vision maçonnique, mais aussi sur la maçonnerie anglaise, réputée immuable selon beaucoup de gens et que j’ai vu bouger de plus en plus nettement depuis des années. Je précise que The Square est un magazine de grande qualité, complètement indépendant de la Grande Loge Unie d’Angleterre. Le dernier numéro disponible, paru en septembre 2016, en apporte une preuve nouvelle. J’y ai relevé deux articles publiés à la suite l’un de l’autre – sans doute par hasard – qui résument parfaitement tous les malentendus qui existent entre la maçonnerie française et la maçonnerie britannique.

Une visite décevante

Le premier article dont je souhaiterais parler est celui de Bob Mellor, consacré à l’exposition qui s’est tenue au milieu de l’année à la Bibliothèque nationale de France (BnF). Notre ami anglais l’a visitée et en est revenu profondément déçu, c’est le moins qu’on puisse dire…

Nombre de ceux qui, comme moi, ont eu le plaisir d’en suivre la préparation – un événement unique en son genre en France – et de la découvrir parmi les quelques privilégiés invités pour la « pré-inauguration », pourront s’étonner, voire se formaliser, d’un jugement aussi négatif. Rien ne semble avoir plu à notre visiteur, qu’on en juge [mes commentaires personnels sont en italiques entre crochets] :

« La lumière est faible, les mur sombres ou noirs et cela donne comme un effet de mausolée [merci pour le metteur en scène de l’expo !]. Les pièces les plus pittoresques et frappantes sont les posters antimaçonniques. Ils montrent, encore une fois, les aspects sataniques et occultes supposés de la maçonnerie […] Tout en français [à Paris, c’est assez logique…] Je n’ai rien pu voir sur les aspects modernes de la franc-maçonnerie, ses actions de bienfaisance, ses aspects sociaux, ses liens fraternels et son réseau mondial […] – en tout cas rien qui puisse persuader le visiteur qu’elle ne va pas mourir et qu’elle peut encore attirer à elle des hommes (et des femmes). »

Mais la partie de punching-ball se poursuit : « Il y avait deux vidéos de commentaires par les Grands Maîtres du Grand Orient, de la Grande Loge et de la Grande Loge Nationale. Aucun n’est apparu comme une bon ambassadeur pour la franc-maçonnerie et l’un d’entre semblait se remettre d’une bringue [sic ! angl. « binge »] - ou bien ne s’en remettait-il vraiment pas ? [sur ce point, je crois comprendre mais je m’abstiendrai de tout commentaire] »

Notre visiteur exténué d’ennui est ensuite passé par la librairie de l’exposition : « Il y avait plein de livres et un très gros ouvrage illustré avec la description des pièces exposées [il s’agissait, je pense, du magnifique catalogue de l’exposition]. Je suis passé à autre chose et j’ai acheté un livre moins cher que je n’ai pas lu, et j’ai pris mes propres photos. »

Le compte rendu de cette visite improbable est tellement négatif que le rédacteur en chef du magazine a estimé nécessaire de faire une note en fin d’article : « Clairement, Bob ce n’était pas pour toi. » Mais il ajoute pourtant : « J’ai moi-même visité l’exposition et je suis d’accord avec l’essentiel de ce que tu dis. »

Bref, l’exposition n’a pas intéressé nos deux amis anglais – cependant j’ai croisé, le jour de l’inauguration, des anglophones de diverses provenances pour qui la visite a été un vrai plaisir mais – puis-je le suggérer sans prétention ? – ils avaient un bon guide…

Ce qui retient mon attention ce sont certaines critiques de Bob Mellor – pas celles qui portent sur la qualité de l’exposition qu’il ignore superbement et, à mon avis, très injustement – mais surtout quand il note qu’on n’y parlait pas « des aspects modernes de la franc-maçonnerie, de ses actions de bienfaisance, de ses aspects sociaux, de ses liens fraternels ni de son réseau mondial… » La mention des femmes est également révélatrice. Naïvement, un maçon français s’attendrait à ce que la critique d’un maçon anglais porte sur l’absence d’approfondissement des sources légendaires, des symboles, voire de la spiritualité de la maçonnerie – car telle est la perception que nous avons de la maçonnerie anglaise : passionnée de rituels, de symboles et de prières…

Or, tel n’est manifestement pas le cas ici. Bob Mellor serait-il un maverick, ou représente-t-il une tendance significative de la maçonnerie britannique d’aujourd’hui ? 

L’article suivant permet d’en avoir une idée plus précise.

 

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« Pourquoi j’ai quitté la franc-maçonnerie »

The Square publie en effet ce que dans la presse française nous nommerions une « tribune » : le témoignage d’une personne qui critique violemment la franc-maçonnerie après en avoir été membre pendant quelques années, non seulement d’une loge bleue mais aussi d’un Chapitre de l’Arc Royal – considéré en Angleterre comme le complément indispensable du grade de Maître.

Soit dit au passage, je ne sais pas si une revue maçonnique officielle française serait capable d’en faire autant…

Là, encore, on croirait entendre Bob Mellor –  l’auteur écrit sous le pseudonyme de « NX Mason » : il commence en nous disant qu’il a falli s’écrouler de rire lors de son initiation en entendant l’énoncé des châtiments physiques encourus si l’on trahit son serment – « avoir la gorge tranchée, etc. ? ». Après son accès au grade de Maître il a visité des loges, dont une loge d’études qu’il a trouvée ennuyeuse. Lorsqu’il a accédé au Chapitre de l’Arc Royal – selon moi, l’un des plus beaux moments de maçonnerie du système anglais – il a trouvé le rituel dépourvu de sens et pratiquement incompréhensible. Il a logiquement fini par considérer qu’il était préférable pour lui de partir.

Le plus intéressant est en fait la liste très factuelle des reproches énoncés contre la maçonnerie, figurant en fin d’article. Cette liste, que je cite partiellement, nous apporte d’intéressantes informations. Notamment :

  • « Les membres [des loges] sont vieux et figés dans leurs habitudes. Je n’ai pas envie de passer mes soirées avec de vieux hommes pédants. »
  • « C’est trop hiérarchique. Les décisions sont juste prises et imposées – et pourtant je payais pour appartenir à ça. »
  • « Les rituels sont désuets et souvent franchement stupides. Beaucoup les récitent mais n’y croient pas. Par exemple, j’en connais plein qui ne croient pas en Dieu. »
  • « C’est beaucoup trop religieux – si je veux la Bible et des prières, je vais à l’église. »
  • « Tout y prend beaucoup trop de temps. Ça peut prendre toute votre vie. »
  • « Les repas [après les tenues] sont mauvais et les discours [qui se font habituellement à ce moment-là dans les loges anglaises] encore pires, et c’est la même chose à chaque fois.
  • « Les membres ne comptent pas dans la société en général. La plupart ne sont rien du tout. Certains sont même pires – nous avions deux alcooliques dans ma loge et un autre s’est suicidé. »

On est finalement heureux que cette démolition en règle s’arrête ! Et puis, on peut se mettre à réfléchir.

Certes, une expérience négative, même si, au témoignage de notre auteur, il a rencontré plusieurs autres maçons qui vivaient la même expérience que lui, ne suffit pas à juger une institution. La maçonnerie n’était sans doute pas faite pour lui. Nous pourrions nous en tenir là.

Pourtant, il faut écouter certaines critiques que nous pourrions sans doute transposer au cas français : sommes-nous sûrs que nos « travaux » soient toujours au bon niveau ? Les « carrières » maçonniques sont-elles toujours irréprochables au plan des méthodes ? L’exécution des rituels n’est-elle pas, ici comme là-bas, parfois purement mécanique et sans inspiration ? Quant à l’approfondissement de ce qu’ils contiennent, est-ce que cela aboutit toujours à un réel éclairage, sans jamais virer au pur « délire symbolico-maniaque » ? Je laisse à chacun(e) le soin de répondre.

Plus surprenant pour nous, le fait que « nombre de membres disent qu’ils croient en Dieu [parce que c’est obligatoire en Angleterre] mais en réalité n’y croient pas ! N X Mason ajoute du reste qu’il a rencontré dans les loges « beaucoup d’hypocrites pontifiants ». Mais cela ne nous-est-il jamais arrivé ?

Soulignons aussi la difficulté fréquente, également signalée par l’auteur, d’insérer l’engagement maçonnique dans la vie moderne, notamment pour les jeunes – ou moins jeunes – actifs. Cela suppose également une réflexion sérieuse et sans doute un changement des pratiques, à Londres comme à Paris, si l’on ne veut pas vider les loges dans les années et les décennies qui viennent.

Bref, les états d’âme d’un ex-maçon déçu ne changent évidemment pas la réalité de la maçonnerie, mais ce reportage inattendu au cœur d’un loge anglaise nous a tout de même apporté quelques surprises.

La maçonnerie en France a une chance – et une faiblesse : la multiplicité des Rites et des Obédiences. Oui, je sais, cela produit plus souvent qu’on ne le souhaiterait du désordre, de la confusion, et trop souvent aussi des situations simplement ridicules voire grotesques. Les grandes Obédiences n’aiment pas les petites, ou s’en agacent et les créditent de tous les maux de la maçonnerie. Mais en Angleterre où l’on trouve encore la plus puissante Grande Loge d’Europe, unique dans son pays où toutes les loges bleues sont censées faire à peu près la même chose en matière rituelle, par exemple, la situation est-elle pour autant nettement meilleure parce qu’il n’y a pas de « petites obédiences » ? Rien n’est moins sûr si l’on entend ce témoignage. Les grandes Obédiences françaises pourraient en prendre de la graine et réfléchir sur leur modèle.[1]

J’ai la chance de connaitre depuis des années des maçons anglais ou écossais éminents, savants et respectés. Je parle souvent avec eux en toute liberté et, à travers eux, j’entends d’autres témoignages. Comprenons-nous bien : je connais de nombreux maçons anglais qui vivent avec intérêt et même avec passion les innombrables rituels que leur offrent les quelque 120 ou 130 Side Degrees que compte leur univers maçonnique, et je corresponds avec eux sur notre passion commune. Ces rituels ne leur paraissent nullement ennuyeux ni absurdes, et leur tonalité religieuse – qui est fondatrice dans toute la maçonnerie, il faut le rappeler – ne les gêne aucunement. Sur FaceBook – car ils ne sont pas isolés tels des zombies dans leurs loges – ils échangent joyeusement à ce propos : voir notamment la page Side Degrees of Kent (groupe secret, of course !), particulièrement révélatrice à cet égard.

Il n’empêche que, dans le même temps, une partie de la maçonnerie anglaise « de base » aspire confusément à un certain changement, en tout cas à une certaine évolution, mais le « système » ne le permet que très difficilement et les maçons anglais sont d’autre part très légitimistes. Ces maçons sincères qui, à la différence de NX Mason, ne trouvent pas forcément les rituels « dépourvus de sens et pratiquement incompréhensibles », aimeraient cependant bien, parfois, qu’il y ait aussi en Angleterre plusieurs Obédiences.

Laissons pour le moment les Anglais à leurs problèmes. Je voulais seulement suggérer que la réalité maçonnique britannique, comme la réalité maçonnique française, est bien plus complexe qu’on ne le croit. Ceux qui, en France, ont voulu négliger cette complexité, qui suppose une approche prudente et appropriée des contacts et une gestion très subtile des initiatives de dialogue, en ont été pour leurs frais. Nous avons, quant à nous, la chance de posséder une maçonnerie plurielle, certes parfois bruyante, agitée et encombrante mais qui, au final, permet à tous et toutes d’exister librement ! Préservons donc cette « maçonnico-diversité » !

Manifestement, les maçons anglais – je ne parle pas ici de l’appareil de la Grande Loge –, du moins certains d’entre eux, cherchent à ouvrir les portes. Ne fermons pas les nôtres…

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[1] Ce point a déjà été évoqué en détail dans le dernier chapitre du livre que j’ai co-écrit avec A. Bauer et M. Barat en 2013, Les promesses de l’aube.