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07 septembre 2014

C'est la rentrée !

Après un intermède estival que j’ai consacré, pour l’essentiel, à la rédaction – toujours en cours ! – des deux livres que je prépare, voici venu le temps de la reprise des blogs !

Comme le savent tous ceux et toutes celles qui me font le plaisir de lire les pages que je publie ici, ce lieu n’est pas consacré à l’actualité et je m’efforce de n’y jamais pénétrer, du moins directement. Seules des mises en cause à la fois stupides et mensongères, l’an passé, m’ont forcé à une mise au point. Qu’on la relise : je crains qu’elle n’ait été terriblement prémonitoire…

Je ne chercherai pas à qualifier les mouvements qui se sont produits au sein de « PMF » (Paysage Maçonnique Français pour les initiés…) depuis lors. Les faits, malheureusement, parlent d’eux-mêmes, mais c’est toujours avec la lunette d’un historien que je souhaite porter un rapide regard sur ce qui s’est passé et sur ce qui en résulte. Une fois encore, n’en déplaise à certaines puissances « impériales », je ne suis pas partie prenante dans ces conflits, mon « camp » n’est ni d’un côté, ni de l’autre. Non par prudence ou par pusillanimité, mais simplement par indifférence pour ces stratégies de conquête du « marché » qui se trouvent à des distances cosmiques de l’idée que je me fais de la franc-maçonnerie.

Retour vers le futur

Juste quelques observations : après deux ans de désordre annoncé, suite à des négociations et des projets engagés dans la confusion et les faux-semblants, par des porte-parole qui ne disaient pas à leurs mandants tout ce qu’ils pensaient et surtout ne pensaient pas tout ce qu’ils disaient à leurs interlocuteurs européens, la situation est redevenue presque « normale » : il y a une obédience « régulière et reconnue », comme depuis un siècle en France, et de l’autre les « non-reconnues », dont certaines se disent néanmoins régulières à leur façon et d’autres se moquent de mériter ou non ce qualificatif – un peu démonétisé à force de servir à tout le monde et à tout propos…

Et pourtant le paysage est légèrement différent, ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre, comme l’eût dit Verlaine. L’obédience régulière et reconnue (par Londres, les USA et la quasi-totalité de la maçonnerie « régulière » mondiale), quels que soient les obstacles ou les problèmes résiduels qui demeurent sur son chemin – et quelque chose me dit qu’il y en a encore quelques-uns – a rétabli son statu quo ante mais ses dignitaires comme les Frères qui la composent n’ont pas – du moins, pas encore ! – oublié ce qui s’est passé. Je crois que toute la communauté maçonnique française doit en tenir compte.

Certains – voire certaines – d’entre nous peuvent se reconnaître dans les principes de la maçonnerie « régulière » et d’autres pas vraiment, ou même pas du tout. L’important n’est pas là. Acceptons cette situation ancienne, non comme une fatalité regrettable mais comme un fait dont il faut tenir compte. Car rien ne sera plus tout à fait comme avant : la GLNF est de nouveau enclose dans les règles de la régularité anglo-saxonne, mais en vertu d’un choix conscient et libre. Ce n’est pas celui de beaucoup d’entre nous, mais au nom de quoi le contesterions-nous ? C’est celui de la quasi-totalité de la maçonnerie mondiale, à ce jour encore. Ce n’est pas un argument pour ou contre, c’est simplement un constat. Alors considérons la situation nouvelle : la GLNF respectera les règles auxquelles elle ne peut plus ne pas souscrire, mais je pense que la crise, douloureuse et violente, choquante pour tous les francs-maçons français, aura peut-être été en partie salutaire. Aujourd’hui, le dialogue fraternel est ouvert car l’épreuve rend parfois plus humble. La GLNF, tant que les obligations qui sont les siennes ne sont pas transgressées – en clair : admettre dans ses tenues des membres d’obédiences non reconnues par elle, ou prendre part à des tenues où ils (elles) se trouveraient – ne refuse plus ni le contact, ni même les collaborations dans le domaine culturel, historique, fraternel. Pour ma part, n’ayant pas la moindre intention de rejoindre ce « camp » – quel horrible mot ! –, je ne le considère pas comme un « camp ennemi » et je sais gré aux Frères de la GLNF des efforts qu’ils ont consentis – même si tout n’est pas achevé – et des gestes qu’ils ont accomplis. Que tous les thuriféraires, parfois péremptoires, de la « tolérance » et de la « liberté absolue de conscience » en prennent acte : c’est une bonne nouvelle.

Il reste que, depuis deux ans, bien des choses ont été dites et des jugements méprisants proférés par des dignitaires de tous bords, avec des déclarations absurdes et de navrantes démonstrations  de biceps, des rodomontades affligeantes, des controverses ridicules, des changements de pied invraisemblables et, en prime, conséquence logique de la légèreté – voire de la duplicité – de certains dirigeants, le spectacle consternant des insultes échangées anonymement sur le net par des Frères qui, bien souvent, manquent cruellement des informations essentielles qu’on leur a soigneusement cachées. Tout cela fait naître un goût amer au fond de la gorge. Cela va-t-il bientôt finir ?

On le sait, la fin de l’année sera marquée par les décisions que doit prendre la Grande Loge de France. Il doit être clair que, cette fois, les déclarations ambiguës, les équivoques sémantiques dont on a abusé depuis deux ans, les déclarations contradictoires, plus rien de tout cela ne passera. Mais, si l’on peut dire, j’ai le sentiment que la messe est déjà dite : qu’on me comprenne à demi-mot, le paysage maçonnique « régulier » n’est pas prêt de changer…et les Grandes Loges de Bâle ne sont certainement pas à la veille de quitter le monde de la régularité anglo-saxonne. Il faut abandonner cette ultime illusion regrettablement entretenue par certains « responsables » qui ne se conduisent guère mieux, en maçonnerie, que la plupart de nos « responsables » politiques !  La conséquence, quant à l’issue des choses, s’impose d’elle-même…

 

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Un emblème et une devise du REAA aux USA: les choses sont claires...

 

Regard d’histoire

Que tout cela soit une occasion de réfléchir sereinement sur les événements et de les situer, non pas dans la confusion de l’actualité chaude, mais dans la longue durée de l’histoire maçonnique française.

Pour des raisons qui tenaient à l’histoire politique, sociale et religieuse du pays, la France a développé au cours de la deuxième moitié du XIXème siècle, un modèle maçonnique nouveau vers lequel elle a entrainé quelques autres pays : des pays latins pour l’essentiel, et même pas unanimement. Ce modèle, simplifiant la vision « initiatique » de la maçonnerie, voire la gommant délibérément, a fait une place majeure à la politique (que l’on a depuis lors pudiquement rebaptisée « préoccupation sociétale »). Toutes les obédiences de l’époque – c’est-à-dire deux : le Grand Orient de France, et le Suprême Conseil qui a donné naissance en 1894 à la Grande Loge de France, à l’initiative de Frères progressistes révoltés contre le pouvoir des hauts-grades – ont emprunté cette « voie substituée », comme disait l’inoubliable Jean Baylot, qui commença comme Grand Maître adjoint du Grand Orient et finit Grand Prieur du RER à la GLNF ! Cette communauté de vue était telle que, juste après la guerre, il fut sérieusement question de fusionner les deux obédiences…

Au début des années 1950, une évolution s’est produite, aussi bien au GODF qu’à la GLDF, n’ayons garde de l’oublier. Tandis que rue Cadet on commençait à revenir à des rituels plus substantiels, rue Puteaux on s’intéressait aux « Principes » de la maçonnerie anglo-saxonne. Les deux obédiences n’ont réellement commencé à diverger dans leurs approches qu’à partir de cette époque, et pas avant. L’une, le GODF, est resté sur « l’aile gauche », avec des poussées extrémistes de temps à autre – comme sous l’ahurissante grande maîtrise de Fred Zeller –, tandis que l’autre, la GLDF, a suivi un chemin lent, un peu cahoteux, souvent incertain, vers la « régularité » et la « tradition initiatique et spirituelle », sans jamais formuler clairement ce que tout cela voulait dire. Mais on n’échappe pas à son ADN. Celui de la GLDF n’est pas celui de la GLUA. La complexité du sujet se redouble ici avec le fait que la GLDF est entièrement dédiée au REAA – quand ses Grands Maîtres le disent, ils oublient généralement, et passent gentiment au rouleau compresseur, les quelques loges  qui y travaillent au RER, au Rite Français Traditionnel ou à Emulation…

Partout dans le monde, et notamment dans le monde anglo-saxon, le REAA n’est qu’un Rite de hauts grades qui commence théoriquement au 4ème grade – je n’arriverai jamais à utiliser le fâcheux anglicisme de « degré » pour traduire « degree » – mais en pratique seulement au 18ème auquel on est directement reçu après le grade de Maître. Les grades bleus sont soit ce que l’on nomme – abusivement – en France Emulation ou l’une de ses variantes, soit le Rite d’York qui en est assez proche. Au XVIIIème siècle, en France, les Frères qui possédaient des grades « écossais » travaillaient en loge bleue selon le Rite Moderne, qu’on nommera plus tard le Rite Français.

Mais surtout, aux USA comme en Grande-Bretagne, les Suprêmes Conseils n’ont aucune capacité d’agir à l’égard des Grandes Loges sur lesquelles elles sont fondées. Les choses vont même plus  loin : ce sont les Grandes Loges qui reconnaissent les juridictions de hauts grades, et pas l’inverse. Le mythe des « 33 grades  de l’Ecossisme », entretenu par ses textes fondateurs – eux-mêmes mythiques puisque grossièrement  antidatés – n’a jamais eu de réalité qu’en France, entre 1821, date de création réelle du Suprême Conseil de France actuel, et 1894, quand fut établie, sous la contrainte, la Grande Loge de France. Mais ce modèle unique, alors jamais vu ailleurs, et dont on mesure sans peine les inconvénients, n’a jamais déserté l’esprit des hauts dignitaires « écossais ». On voit aujourd’hui où cela mène.

Quand on dit : « Le REAA est le Rite le plus pratiqué au monde», on commet une lourde erreur – ou un gros mensonge – par omission : il faut ajouter, pour que ce soit vrai : « …dans les hauts grades ». Et tout le problème français est là.

 

 

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Une vision américaine des hauts grades :

un Knight Templar vaut un 33ème...

et tout repose sur le Rite d'York

 

Que des Frères – mais aussi des Sœurs, qui qu’en grogne dans le « REAA-qui-est-fait-pour-les-hommes » (sic) ! – s’accomplissent dans les grades bleus du REAA est une chose respectable en soi, elle n’appelle aucun commentaire. Mais que la volonté impérialiste de ce Rite, dont les plus « hauts gradés » considèrent volontiers, et enseignent à leurs adeptes, que c’est le seul Rite maçonnique digne de ce nom, ait conduit aux désordres qui ont pendant deux ans pollué l’atmosphère de la maçonnerie française, est une chose beaucoup moins acceptable.

Peut-être la solution – radicale mais logique – serait-elle de constituer un espace de « régularité écossaise », où les Frères et les Grandes Loges qui se reconnaissent exclusivement dans ce Rite, se parleraient d’eux-mêmes à eux-mêmes, sans être forcés de parler aux autres, en France comme à l’étranger ? Nul doute que la Grande Loge de France, par son indiscutable antériorité en ce domaine, et son Suprême Conseil, par l’ampleur de ses ambitions historiques, seraient conduits à y jouer un rôle majeur, voire prépondérant.

Juste une occasion d’appliquer ce principe de bon sens, valable dans tous les domaines de la vie de chacun d’entre nous : ne vaut-il pas mieux faire ce qu’on sait faire – et qu’on aime –, plutôt que de s’essayer à ce dont on est incapable – et en quoi on ne croit pas vraiment ?...

 

30 juin 2014

Petite histoire des rituels maçonniques "égyptiens" (1)

Les rituels des grades égyptiens ont des sources diverses, autant que purent l’être les connaissances des multiples fondateurs ou refondateurs de la maçonnerie égyptienne elle-même. Leur apparition tardive a toutefois obligé leurs auteurs à inclure, intégrer et admettre les nombreux grades que la tradition maçonnique avait déjà produits tout au long du xviiie siècle, pour leur en ajouter de nouveaux, d’où une inexorable ascension pyramidale jusqu’aux vertigineuses hauteurs de 90 ou de 95 grades.

1.    1.  Les textes fondateurs

Si l’on s’en tient d’abord aux trois premiers grades, deux textes font référence : un manuscrit de 1820 pour le Rite de Misraïm [1], et le rituel publié par Marconis de Nègre à Paris en 1839, dans L’Hiérophante, développement complet des mystères maçonniques, pour le Rite de Memphis.

L’analyse de ces deux documents fait apparaître leur quasi similitude. Elle trahit surtout aisément leur source immédiate : le Guide des maçons écossais de 1804, plus ancien rituel du reaa pour les grades bleus ! C’est là une indication riche de sens et d’intérêt.

On sait que les deux Rites Égyptiens sont apparus au décours de l’Empire, ou dans ses derniers mois, dans un milieu de demi-soldes, en un temps où le paysage maçonnique français était dominé sans partage par le Grand Orient de France, pratiquant ce que l’on commençait à nommer le Rite Français, héritier des pratiques rituelles les plus communes de presque toutes les loges en France au cours du xviiie siècle. Le nouveau reaa, apporté en France une dizaine d’années plus tôt par des militaires venant d’Amérique et des Antilles anglaises, ayant d’abord conclu un accord très provisoire avec le Grand Orient de France (godf), suivi d’une rupture quelques mois plus tard, avait à la hâte doté ses loges symboliques d’un rituel distinct de celui du godf.

 

 

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Les sources du Guide sont connues : d’une part la principale divulgation anglaise du xviiie siècle sur le rituel de la Grande Loge des Anciens (créée en 1751-1753), intitulé Les Trois Coups Distincts (The Three Distinct Knocks) et d’autre part les pratiques des loges dites « écossaises » de la fin du xviiie siècle français, reposant au contraire sur le schéma symbolique de la Grande Loge des Modernes – celle de 1717 – avec quelques innovations, comme la disposition dite « écossaise » des trois grands chandeliers situés au centre de la loge, laquelle n’est pas connue en France avant le dernier quart du xviiie siècle. Une telle synthèse s’expliquait sans doute par le fait que la base française sur laquelle les nouveaux arrivants s’étaient appuyés était la Grande Loge Générale Écossaise, fort opportunément réveillée d’un long sommeil précédant la Révolution pour les besoins de la cause. Rappelons à ce propos qu’Alexandre Lenoir, auteur en 1811 de La franche-maçonnerie rendue à ses véritables origines,  appartenait précisément au Rite Écossais et y voyait l’incarnation même de la pure sagesse égyptienne transmise par la maçonnerie. Serait-ce un indice ?

Placés dans des circonstances peut-être comparables mais ne disposant guère des moyens de composer un rituel entièrement nouveau, les créateurs des Rites Égyptiens reprirent le Guide des maçons écossais dont l’usage était très restreint en 1814, et qui n’appartenait à personne, aucun Suprême Conseil n’étant alors en mesure de s’opposer à sa mise en œuvre par quiconque le souhaitait. Ils y apportèrent à leur tour quelques minimes modifications. Rappelons les caractéristiques les plus originales de ces rituels.

Si le Vénérable siège à l’Orient, le Premier Surveillant est l’Occident – en fait au nord-ouest – tandis que le Deuxième Surveillant se place au Midi de la loge. Les mots des deux premiers grades sont B. et J., dans cet ordre. La nouveauté, par rapport au Guide, est la présence d’un autel central où brûle de l’encens – lequel ne quittera plus jamais les rituels égyptiens – et la définition des « trois objets précieux » placés sur le plateau du Vénérable : l’épée, la Bible et une aumônière. Les décors des tabliers sont rouges, et non bleus comme dans le Rite Français. L’office des Diacres, propre aux Anciens, a été maintenu – alors qu’il disparaîtra rapidement dans le reaa – mais ils sont ici appelés « Acolytes » (Misraïm) ou « Lévites » (Memphis). Des prières assez longues sont dites à l’ouverture comme à la clôture : « Père Éternel de l’Univers, Source féconde de lumière, etc. » (Misraïm) ; les acclamations rituelles sont « Gloire au Grand Adonaï ! » (Memphis) ou « Alléluia ! Alléluia ! Alléluia ! » (Misraïm).

En somme, une forme archaïque du reaa avec des formules d’inspiration religieuse bien dans le goût de ce culte syncrétique – doit-on dire « égyptianisant » ? – qui conduira en fait, au cœur du xixe siècle, à l’indifférence en matière de religion. En tout cas, nulle allusion à quelque ésotérisme abscons et rien de spécifiquement égyptien : le mot « Égypte » n’apparaît nulle part…

En 1849, dans Le Sanctuaire de Memphis ou Hermès, une compilation assez confuse, Marconis édite de nouveaux rituels, manifestement lacunaires et incohérents sur plusieurs points : il semble notamment que les deux Surveillants soient cette fois placés tous deux à l’Occident, comme dans le Rite Français. Cependant en 1862, dans le rituel « officiel » de Memphis, après l’intégration du Rite au godf, c’est bien cette dernière structure qui sera reprise, ne faisant qu’officialiser, à quelques détails près, le rituel bien mieux écrit que Marconis avait publié, en 1860, dans le Panthéon maçonnique. Au passage, les Diacres ont été oubliés, ou plutôt remplacés par le Maître des Cérémonies et le Grand Expert, selon une terminologie plus familière à la tradition maçonnique française. L’ambiance égyptienne est toujours aussi absente. Pour les grades bleus, tout laisse à penser que c’est cette génération de textes qui fut suivie, avec d’inévitables adaptations et peut-être quelques dérives, jusqu’à la fin du xixe siècle.

Toutefois, et dès l’origine, c’est par l’échelle de leurs hauts grades que les Rites Égyptiens se singularisent et méritent en partie leur nom même. Le premier à avoir publié des rituels et donné les caractéristiques des différents grades – au-delà des 30 hauts grades du reaa qui forment la base des pyramides égyptiennes – est encore Marconis de Nègre. Il rappelle lui-même que c’est à partir du 35e grade que « commencent les degrés propres à Memphis ». Dans L’Hiérophante, on trouve déjà un « Tuileur universel » des 33 premiers grades, qui montrent leur identité presque absolue avec ceux de l’écossisme : de minimes variantes existent, sur des détails peu signifiants, mais la même formule revient incessamment : « Rite Écossais, de même »…

De son côté le Manuel maçonnique de Vuillaume, publié en 1830, comporte en fin d’ouvrage un « Tuileur du Rite Égyptien ou de Misraïm » qui renvoie souvent au grade homonyme du Rite Écossais.

Soulignons-le à nouveau : dans ses 33 premiers grades, le Rite de Memphis n’est qu’une variante du reaa pendant tout le xixe siècle – et de nos jours encore, le plus souvent – et ce n’est pas spécifiquement dans la formule des rituels que réside la différence, pour autant qu’elle ait seulement existé au xixe siècle, mais plutôt dans leur esprit, du moins dans une certaine mesure, en tout cas à l’époque contemporaine.

Ces mêmes grades sont disséminés pour beaucoup d’entre eux, quoique souvent dans un ordre différent, dans l’échelle de Misraïm, au milieu d’autres dont, pour l’essentiel, aucun rituel ne nous est parvenu. On doit rappeler à nouveau que dans les impressionnantes pyramides des grades égyptiens, seule une toute petite minorité d’entre eux a été réellement pratiquée.

2.     2. Les plus anciens rituels des grades spécifiquement égyptiens

Si L’Hiérophante, en 1839, nous fournit surtout un Tuileur, du reste peu évocateur, c’est dans le Panthéon maçonnique, publié en 1860, que Marconis nous donne des indications extrêmement précieuses sur l’état de son Rite vers le milieu du xixe siècle et livre les rituels des grades effectivement pratiqués au-delà du troisième. La liste est évocatrice et sans surprise : Royale Arche (équivalent du 14e grade du reaa), Rose-Croix (18e du reaa) et Kadosh (30e du reaa et 31e de Memphis) – en somme les grades majeurs du reaa. Qu’en est-il dès lors des grades « purement égyptiens » ? Le Panthéon maçonnique n’en retient que deux : Sage des Pyramides (dont la place variera du 47e au 59e grade) et le 90e grade de Sublime Maître du Grand Œuvre, seul véritable couronnement du système, dont les rituels nous sont révélés (ils seront de nouveau publiés, pour le 90e, sous une forme légèrement différente, en 1866). C’est à cela que se bornait alors la maçonnerie égyptienne.

 

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 3.      3. De Yarker à Bricaud : l’épopée occultiste

Le travail de John Yarker marque une étape nouvelle dans l’histoire des hauts grades égyptiens. On sait qu’une réduction en 33 grades de l’échelle de Memphis avait été opérée en 1862 par Marconis de Nègre lors de l’intégration de son Rite au Grand Orient de France. Mais il ne s’agissait que d’un choix opéré parmi les 95 grades du Rite – dont la plupart, répétons-le, n’avaient jamais été réellement mis en œuvre, et d’ailleurs jamais écrits. Avec Yarker, un tout autre travail est effectué. Non seulement le ritualiste anglais modifia la composition de l’échelle en 33 grades, mais surtout il en rédigea les rituels.

De ce travail il subsiste un recueil à la fois précieux et rare : Manual of the Degrees of the Ancient & Primitive Rite of Masonry, publié en 1881. Il avait du reste déjà procuré The Secret High Degree Rituals of the Ancient and Primitive Rite of Memphis in 95°. Yarker, écrivain imaginatif et génial auteur de rituels, a sans doute été le premier à donner vie – au moins sur le papier – à des grades qui, jusqu’à lui, n’avaient eu qu’un simple nom. L’influence des textes de Yarker demeure considérable car ce sont ces textes que Téder (Charles Détré), leur probable traducteur, transmettra à son successeur, Jean Bricaud, au début du xxe siècle. Même si ce dernier décida de reprendre l’échelle en 95 grades – et même 97, en attendant mieux –, les plus hauts grades pratiqués du système, en particulier le Sublime Maître du Grand Œuvre (30e/90e) et le Patriarche Grand Conservateur (33e/95e) en ont certainement été durablement marqués. Pour le Rite Primitif à tout le moins (Memphis en 33 grades), les rituels de Yarker doivent aujourd’hui encore être considérés comme la source majeure des hauts grades spécifiquement égyptiens.

 

 

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John Yarker  : une énigme vivante...

L’apport de Bricaud, cette fois personnel et original, porte aussi sur le fameux 66e grade de Memphis-Misraïm, dont le seul antécédent dans les échelles égyptiennes était le 22e grade du Rite de Yarker (rappelons en effet que le 66e du Rite de Memphis, Sublime Kawi, dont on ne connaît qu’un Tuileur et aucun rituel, n’avait aucun rapport de contenu avec celui de Grand Consécrateur). C’est donc avec Bricaud que le Patriarche Grand Consécrateur est devenu un grade « sacerdotal » plus ou moins confondu avec l’épiscopat gnostique – Bricaud était « Patriarche gnostique universel ». Chez Yarker encore, qui introduisit la dénomination même de « Grand Consécrateur », ce grade ne possédait pas ce caractère très spécial. Tous les rituels actuels du 22e/66e remontent donc aux élaborations de Bricaud, dans le courant dans années 1930.

Je mets ici à part les Arcana arcanorum dont l’histoire insaisissable se confond précisément avec celle de ses rituels, plus déroutante que jamais.

L’expression Arcana arconorum (« Secrets des secrets ») n’est pas née dans la maçonnerie égyptienne car elle était déjà présente dans une certaine littérature rosicrucienne de la fin du xviiie siècle. C’est Jean-Marie Ragon qui le premier, en 1816, lors de la tentative d’introduction du Rite de Misraïm au godf, en fit mention. Il affirmera en 1841 que les grades du 87e au 90e comprenaient « presque toute la science maçonnique lorsqu’on a approfondi les développements des emblèmes et des allégories qui se rattachent à ces quatre derniers degrés » et en publiait aussitôt un abrégé assez détaillé. Toutefois le Rite de Memphis, avec son imposant 90e grade, ignorera pratiquement cette notion que Yarker – pourtant grand amateur de mystères – ne reprendra pas d’avantage.

 

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Jean-Marie Ragon : l'inventeur de plus hauts secrets?

 

Il faudra attendre les années 1930 pour que la question surgisse à nouveau en Belgique, particulièrement à l’initiative de Rombauts. Ce dernier se prétendait détenteur des authentiques Arcana arcanorum du « Régime de Naples », ayant jusque là, toujours selon lui, échappé aux imprimeurs. Ces « secrets oraux » des derniers grades furent communiqués à son entourage puis adoptés par le Convent de Bruxelles en 1934 [2]. Sachant le conflit qui existait alors avec le Souverain Sanctuaire de Bricaud en France, et la querelle de légitimité qui la sous-tendait, on mesure sans peine que la résurrection providentielle de tels secrets pouvait constituer un enjeu de taille. Eu égard à la maigreur du dossier, la situation pourrait cependant être simple si, depuis quelques années, de multiples revendications n’avaient été exprimées à ce sujet. Dans le désordre et l’incroyable dispersion du Rite, la possession des « vrais » Arcana arcanorum est ainsi devenue le Graal moderne de la maçonnerie égyptienne, donnant lieu à des publications à sensation autant qu’à des silences éloquents.

Je bornerai donc ici cette brève évocation d’une question assez complexe et que les débats contemporains qui l’environnent, dans certains milieux maçonniques et paramaçonniques, ne sont pas faits pour rendre plus claire.

Il reste que c’est dans la filiation qui, de Yarker à Chevillon, fait défiler tous les grands noms de l’occultisme, depuis la fin du xixe siècle jusqu’au milieu du xxe, que les rituels de Memphis-Misraïm, dans les grades bleus comme dans les hauts grades, ont adopté le parfum très spécial de « l’ésotérisme fin de siècle », entendons par là cette synthèse à la fois luxuriante, souvent peu cohérente et parfois indigeste, élaborée par les successeurs de Papus. C’est depuis cette époque que, par leurs rituels mêmes, les Rites Égyptiens ont acquis leur réputation « hermétique », avec toutes les imprécisions et les confusions que ce terme suscite volontiers – nous y reviendrons plus loin.

Gageons, toutefois, qu’il n’est pas certain que Bédarride et Marconis y auraient reconnu leurs enfants(à suivre)

 


[1] Bibliothèque municipale de Toulouse, ms 1207.

[2] Ils ont depuis lors été publiés. Cf. S. Caillet, Arcanes et rituels de la maçonnerie égyptienne, Paris, Guy Trédaniel, 1994.

29 mai 2014

La double structure du Régime Ecossais Rectifié (RER)*

1. Une culture de l’ambiguïté

L’équivoque et le double sens sont l’apanage de la maçonnerie rectifiée depuis son premier essor. Cet héritage lui vient en droite ligne de la Stricte Observance Templière (SOT).

En effet, dès les années 1760-1770, les « loges réunies et rectifiées selon la réforme de Dresde », sous les apparences convenues et rassurantes d’une franc-maçonnerie classique, préparaient en fait le candidat à découvrir, le jour venu, qu’il était en réalité entré dans l’Ordre du Temple. Le point nodal où s’articulait cette « révélation » était le 4ème grade, dit « Écossais vert », dont les rituels nous sont parvenus. On y annonçait au candidat qu’il allait être délivré « du joug de la maçonnerie symbolique » et que l’Ordre allait paraître à lui dans toute sa vérité. Admis enfin dans « l’Intérieur », dont le grade d’Écossais faisait alors partie, il pouvait avancer vers la chevalerie du Temple.

 

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Symbole du 4ème grade du RER

 

Cette dissimulation provisoire du vrai but de l’Ordre avait des conséquences sur les structures ou du moins sur leur présentation. L’expression « l’Intérieur » – là où se tenait le vrai pouvoir de l’Ordre – n’était pas un vain mot : il n’était pas connu de l’extérieur…

En 1778, au Convent de Lyon, les Français entreprirent de revoir l’organisation de l’Ordre. On se souvient qu’ils y avaient été incités par au moins deux sortes de motifs :

-          En premier lieu, remettre en cause la question de la filiation templière, trop douteuse et surtout trop embarrassante, voire compromettante en France ;

-          En second lieu, mettre au net les relations entre les Frères, les Loges et les Supérieurs de l’Ordre, pour passer d’une culture aristocratique et militaire – celle des fondateurs allemands – à une culture plus spécifiquement maçonnique et communautaire – on ose à peine dire « démocratique » –, convenant mieux à une branche française surtout composée d’honnêtes bourgeois.

Or, sur ces deux points, le Convent des Gaules ne put adopter de solution tranchée. On ne renonça pas entièrement aux liens avec l’Ordre du Temple [1] et l’on se borna à changer la dénomination des classes chevaleresques après en avoir réécrit les rituels : c’est la naissance des Chevaliers bienfaisants de la Cité Sainte.

D’autre part, s’agissant de la nature du pouvoir exercé au sein de l’organisation, l Titre IV (« Du gouvernement de général l’Ordre ») en son article 1(« Nature du gouvernement »), le Code général des CBCS  est éloquent par son habileté :

« Le Gouvernement de l'Ordre est aristocratique, les Chefs ne sont que les Président des Chapitres respectifs. Le Grand Maître général ne peut rien entreprendre sans les avis des Provinciaux. Le Maître provincial sans celui des Prieurs et des Préfets, les Préfets sans celui des Commandeurs et ceux-ci sans en avoir conféré avec les Chevaliers de leur district. Tous les Présidents d'assemblées, Maîtres provinciaux, grands Prieurs et Préfets ont toujours le droit après l'exposé de la matière fait par le Chancelier, la 1″ voix consultative et la dernière délibérative. »

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On mesure toutes les ressources dialectiques des rédacteurs de ce petit chef d’œuvre d’équivoque. On explique benoîtement que le caractère « aristocratique » de l’Ordre signifie avant tout qu’il n’est en aucun cas monarchique. C’est bien sur cette alternative qu’on fait ici peser l’opposition et non sur l’alternative démocratique qui,  sans être mentionnée explicitement, remporte clairement la préférence des bourgeois lyonnais. Ces mêmes hommes, au demeurant, qui dès l’origine avaient déjà discuté des obligations financières envers l’Ordre avec la même ardeur que lorsqu’ils marchandaient l’impôt  dû au Roi de France...

 Sans vouloir ironiser, on pourrait dit que c’est là un trait typiquement rectifié : s’exprimer par antiphrase…

2. Les structures originelles du Régime

Les deux textes fondamentaux adoptés en 1778 en sont une parfaite illustration [2].

Le Code maçonnique des loges réunies et rectifiées expose l’organisation générale de la partie maçonnique du Régime : aucune allusion n’y est faite à l’Ordre intérieur.

Le RER se compose donc, selon ce document, de quatre grades – car le grade de Maître Écossais avait été retranché de l’Intérieur et rendu « ostensible », comme n’importe quel grade maçonnique à cette époque. Notons dès à présent cette particularité du RER sur laquelle nous reviendrons dans le chapitre suivant : c’est un système maçonnique composé de quatre grades symboliques.

L’organisation du Régime, si elle fait place à quelques dénominations alors peu usitées, demeure assez classique quoique très hiérarchisée. L’ensemble est placé sous l’autorité d’un Grand-Maître général et de Grands Maîtres nationaux présidant chacun un Grand Directoire national. On distingue en fait quatre échelons essentiels :

-          Les grands Directoires provinciaux, la France comprenant trois Provinces, aux limites redéfinies par la Matricule nouvelle des provinces françaises adoptée par la Convent.  Deux de ces Provinces (la IIème dite d’Auvergne dont le siège est Lyon, et la IIIème dite d’Occitanie dont le siège est Bordeaux) lui sont propres, une autre (la Vème, de Bourgogne, dont le siège est à Strasbourg) s’étendant aux Pays-Bas autrichiens (l’actuelle Belgique) et à l’Helvétie.

-          les Directoires Écossais au nombre de trois par Province et dont les ressorts géographiques sont également clairement stipulés par la Matricule. C’est à eux qu’il revient de constituer et de régir les loges de leur district. Ils comprennent un Président, le Visiteur du district et un Chancelier, tous inamovibles.

-          les Grandes Loges Écossaises établies dans chaque district, comprenant notamment des Députés-Maîtres, dignitaires inamovibles, nommé par la Grande Loge écossaise et chargés d’inspecter  les Loges de leur arrondissement particulier.

-          les loges réunies et rectifiées elles-mêmes, chacune dirigée par son Comité écossais composé exclusivement de tous les Maîtres écossais de la loge et présidé par le Vénérable-Maître choisi parmi eux.

Le Code général des règlements de l’Ordre des CBCS, deuxième texte fondamental, semble décrire toute cette organisation selon le même plan mais avec une autre terminologie, comme s’il s’agissait de tout autre chose : il y a ainsi trois Grands Prieurés dans chacune des neuf Provinces. Chaque Grand Prieuré comprend six Préfectures. Pour constituer une Préfecture, il faut au moins trois Commanderies qui sont les cellules de base de l’Ordre, rassemblant les CBCS présents dans un lieu géographique donné.

C’est alors que l’on peut lever l’équivoque de cette « double structure ». Il existe en effet des équivalences tacites mais parfaites entre les deux systèmes :

-          Une Province correspond à un Grand Directoire provincial ;

-          Un Grand Prieuré s’identifie à un Directoire Écossais ;

-          Une Préfecture équivaut à une Grande Loge Écossaise.

Seule la Commanderie, cellule de base de l’Ordre des CBCS telle que définie plus haut, n’a pas de strict équivalent « maçonnique ». Encore une fois, il ne s’agit pas ici de deux organismes identiques et parallèles mais d’un seul et même édifice qualifié de façon différente selon le point de vue qu’on adopte. Il en va de même pour les dignitaires du Régime : il faut ainsi retenir que le Président d’un Grand Directoire Écossais n’est autre qu’un Grand Prieur et que le Président d’une Grande Loge Écossaise [3] est en réalité un Préfet. Quant aux Députés-Maîtres des loges, ce sont, dans l’Ordre intérieur, des Commandeurs : s’ils président naturellement à leur Commanderie, leur autorité sur les loges dont ils sont à la fois les inspecteurs et les députés, n’est pas moindre. Les textes précisent même : « Chaque Loge lui adjoint tous les trois ans un Vénérable pour la gouverner sous son autorité»…

Cette disposition initiale du Régime – et le mot « Régime » prend ici tout son sens – permet de comprendre  au moins deux choses.

 

 

 

Premièrement, le caractère profondément hiérarchique du RER  –  ce qui ne veut pas dire autoritaire ou despotique –  était l’un des points qui avaient d’emblée séduit les premiers rectifiés français. Le RER, plus généralement, a hérité de cette image d’ordre, de netteté dans son organisation. Il s’y trouve,  en quelque sorte, une « tentation pyramidale » qui peut certes donner le vertige et même égarer, mais qui est aussi faite pour suggérer que le système, dans son ensemble, pris comme un tout que ses structures suggèrent, précisément, possède un sens profond et unique.

Il faut cependant noter que cette organisation impressionnante ne fut jamais pleinement mise en place. Certes, les principaux dignitaires furent désignés mais les maigres troupes du RER, au XVIIIème siècle, lui donnèrent un peu l’aspect d’une « armée mexicaine » où de nombreux Frères étaient revêtus de multiples dignités. En outre, la Matricule décrit un réseau européen parfaitement illusoire. Même en France, jamais ce fantastique puzzle ne fut rempli, même au dixième…[4]

Le deuxième point concerne l’histoire postérieure du RER. Après son éclipse du XIXème siècle, lors de la reconstitution française des années 1910, il eut d’emblée du mal à trouver sa place. Depuis le début du XIXème, en effet, une sorte de dogme s’était imposé, aussi bien en Angleterre qu’en France, tendant à séparer nettement grades bleus et hauts grades, au point même de ne parler de ces derniers qu’avec d’infinies précautions, avec un peu de crainte, comme de quelque chose de presque incongru.

Or, telle n’était pas l’esprit de la franc-maçonnerie au XVIIIème siècle, où tous les grades étaient « ostensibles » et portés comme tels dans la loge, en un temps où, du reste, les trois grades bleus étaient généralement considérés comme étant sans réel intérêt [5].

Si la SOT, puis le premier RER, « masquaient » l’Ordre intérieur sous des artifices de terminologie, ce n’était pas du tout dans l’optique moderne, mais uniquement parce que le but templier devait rester sinon secret du moins discret. Pour autant, il ne s’agissait nullement, à leurs yeux, de séparer le moins du monde les loges symboliques de l’Ordre chevaleresque. Bien au contraire, la « double structure » de l’Ordre permettait en fait, sans qu’on le sût vraiment, de placer les loges bleues sous le gouvernement de dignitaires nommés par l’Ordre intérieur !

Au XXème siècle, les standards de la vie maçonnique n’autorisaient plus de tels montages. D’où la diversité des solutions adoptées depuis lors…et les innombrables quiproquos et querelles qu’elles ont suscités !

 



* Ce post est très inspiré d'un chapitre du "Que sais-je ?" Le Rite Écossais Rectifié, que j'ai co-écrit avec Jean-Marc Pétillot, PUF, 2010.

 

[1] Du reste, l’Acte de renonciation qui sera adopté en 1782 à Wilhelmsbad, ne sera pas non plus exempt d’ambiguïté…

[2] Ils ont été reproduits en annexes du livre de J. Tourniac, Principes et problèmes spirituel du Rite Ecossais Rectifié et de sa chevalerie templière, Dervy, Paris, 1969.

[3] Au début du XIXème siècle on parlera plutôt de « Régence Écossaise ».

[4] Pour ne s’en tenir qu’au ressort géographique de la France d’alors, on pouvait théoriquement compter, selon la Matricule, 42 Préfectures correspondant à 126 Commanderies au moins…

[5] Sur ce point, les rituels du RER les avaient considérablement enrichis mais en faisant d’eux une propédeutique qui devait conduire un jour où l’autre « à de meilleures choses ».